Après un excellent «Fondu au noir», le duo Ed Brubaker/Sean Phillips (à qui l’on doit d’autres excellents titres tels que Criminal ou Fatale), enchaine sur une nouvelle œuvre «Kill or be Killed». Encore une fois, ce nouveau titre est une franche réussite.

Kill or be Killed nous raconte l’histoire de Dylan, un jeune homme un peu paumé et dépressif qui décide de mettre fin à ses jours. Heureusement (ou malheureusement) pour lui, sa tentative échoue mais ce n’est pas vraiment dû au hasard. En effet, Dylan est très vite visité par un démon qui lui explique qu’il l’a épargné  mais que ce sauvetage a un prix. En échange il devra tuer au moins une fois par mois un criminel. S’il ne s’exécute pas, c’est lui qui mourra.

 

Si, à la lecture des premières pages, on peut être assez perturbé pas l’extrême violence de la première scène (cf l’image ci-dessus), très vite, mélange les genres et nous démontre qu’il sait jouer sur d’autres terrains que celui de la violence. Très orienté vers le thriller, Kill or be Killed sait jouer des codes et notamment ceux du fantastique (déjà très présent dans Fatale) et ça fonctionne bien.

Tout au long des deux volumes qui m’ont été donnés de lire, Ed Brubaker s’interroge et nous interroge en fait sur ce qu’est la justice dans notre société (parfois sans trop de subtilité). Est-ce qu’un assassin de mauvais types doit se considérer comme un criminel? Comme un héros? Comment se débrouille t’il avec sa conscience? Tous ces thèmes sont abordés dans les deux premiers tomes.

Mais le gros point fort de cette œuvre reste la caractérisation de ses personnages. En effet, comme souvent chez Brubaker et Phillips, on s’attache aux différents protagonistes grâce au temps accordé par les auteurs pour les construire et nous les décrire dans leurs forces comme dans leurs failles.

Graphiquement, comme toujours, le travail de Sean Phillips est impeccable et retranscrit magnifiquement une ambiance de polar noir très cinématographique. Le découpage donne, en effet, l’impression de regarder un film, notamment lorsque les monologues de Dylan sortent des planches du titre. Il ne faut pas non plus oublier le précieux travail de d’Elizabeth Breitweiser dont les couleurs ajoutent vraiment aux différentes tonalités du titre.

Au final, les deux premiers tomes de Kill or be Killed que j’ai pu lire m’ont vraiment convaincue. La série prend de l’ampleur au fur et à mesure de son avancement (elle devrait se conclure en 4 tomes) et l’on sent que les auteurs ont encore de la ressource. Je la recommande donc chaudement surtout si vous êtes déjà amateurs d’autres titres des deux compères.

Killed or be Killed est disponible chez tout bon revendeur pour une quinzaine d’euros voire une douzaine d’euros si vous privilégiez une version dématérialisée . (À noter que le 1er chapitre du titre est gratuit en téléchargement).

Pour ce qui me concerne j’ai découvert le titre sur tablette puisqu’ Izneo (que je remercie) m’a gentiment donné accès aux deux volumes sortis jusqu’à présent pour que je puisse rédiger cette critique