Cela faisait un petit moment que je n’avais pas lu de BD franco-belge et quoi de mieux que de m’y remettre par un titre de Régis Loisel (entre autres). Intitulée « Le grand Mort« , cette série que l’on m’avait chaudement recommandé nous fait voyager entre la France actuelle et le monde fantastique du Petit Peuple du folklore breton.

Au départ, Le grand Mort avait plusieurs arguments de poids propres à me séduire: son équipe créative déjà, Régis Loisel en tête, dont plusieurs titres (la quête de l’oiseau du temps ou Magasin général pour ne citer qu’eux) m’ont profondément marquée. Pour l’occasion uniquement scénariste, il est accompagné par Jean-Blaise Dijan (également au scénario) et Vincent Mallée (aux dessins) sur le titre. Les couleurs sont quant à elles le résultat du travail de François Lapierre.
D’autre part, autre argument de poids: le genre. Je suis en effet généralement plutôt réceptive à la Fantasy surtout lorsqu’il s’agit d’histoires inspirées du folklore celtique. Il y avait donc de quoi me faire plaisir.

Le Grand Mort 2

Synopsis:
« Tout avait été prévu pour que ce soit une semaine studieuse ! Pauvre Pauline ! Elle comptait se mettre au vert pour préparer sa maîtrise de sciences éco… La nuit recouvre la forêt bretonne et la « deuch » vient de tomber en panne d’essence juste devant chez Erwan, à 20 kilomètres de tout village. Erwan est un métis du genre placide. Solitaire, il vit simplement, entouré d’objets étranges. Il propose à Pauline de partager sa soupe et de l’héberger pour la nuit… Contrainte par les circonstances, elle finit par accepter… Tandis qu’elle mange, il parcourt un vieux grimoire traitant du « petit peuple »… Elle ricane de ces sornettes. Elle ignore, alors, que cette rencontre sera pour elle le point de départ vers un autre univers, un autre espace-temps, où toute sa vie et ses principes vont basculer… Les conséquences de cette aventure seront des plus surprenantes pour elle, pour son entourage, voire pour l’humanité. »

Commencée il y a huit ans, la série le grand Mort en est actuellement à son cinquième tome et si ce récit d’un apocalypse sur fond de fantastique est intéressante, je trouve quand même que les scénaristes prennent largement (trop) leur temps pour faire avancer la trame. Il m’est en effet d’avis que les 5 tomes actuels auraient largement pu être condensés en 3 sans que l’intrigue ne perdre vraiment de son intérêt et je trouve cela d’autant plus inquiétant que le titre devait à l’origine faire environ 5 tomes.

Le Grand Mort 1

A l’heure actuelle j’ai plutôt l’impression qu’il en fera facilement le double et je ne suis pas certaine que cela soit vraiment justifié. L’histoire, lorsqu’elle commence est pleine de promesses mais du point de vue de la narration, la scénario global ne donne pas l’impression d’avancer vraiment. Certes on reconnait aux auteurs un vrai sens du cliffhanger à la fin de chaque tome qui nous donne envie de lire la suite mais si l’on prend un peu de recul, il ne s’est pas passé beaucoup de choses en 200 pages de récit.

Autre petit regret, je ne suis pas forcément très convaincue par es personnages principaux que sont Erwan et Pauline ni même par leur amie Gaëlle dont le rôle semble plus être celui de la rivale (dans un triangle amoureux) qu’autre chose.Le premier manque cruellement de charisme (ce qui est dommage vu son rôle) alors que la seconde, surtout dans le 1er tome est beaucoup trop caricaturale dans son rôle de « chieuse » sûre de tout. Par ailleurs, je ne comprends pas vraiment ce besoin de faire craquer toutes les filles sur le héros en moins de 10 pages…

Pour ce qui est des dessins, par contre, je n’ai pas vraiment de doléances car je trouve que le travail de Vincent Mallié et de François Lapierre est vraiment réussi et habille fort bien une intrigue plus faiblarde. Certes on est dans quelque chose de classique mais ça fonctionne, les tomes se suivent et le dessin fonctionne toujours aussi bien.

Au final, vous l’aurez compris, je n’ai pas vraiment adhéré au « Grand Mort ». Si l’intrigue générale est intéressante, la narration est beaucoup trop diluée pour susciter mon enthousiasme. J’en arrive même à attendre que  l’histoire décolle vraiment ou du moins s’accélère. Peut-être que ce sera le cas dans le prochain tome, La Brèche qui sortira en novembre prochain.