J’ai beau posséder déjà Batwoman Elegy (avec un « y ») en VO et suivre également les aventures de Kate Kane via ses singles achetés religieusement tous les mois chez mon libraire habituel, je n’ai pas vraiment résisté longtemps à l’édition française de Batwoman  qui se compose de deux volumes: Elegie et Hydrologie.

Il faut dire qu’Urban Comics a mis le paquet en nous offrant, en plus d’une édition de qualité un titre très complet, notamment pour hydrologie qui, en plus de la traduction de l’oeuvre originale, comporte les détectives comics « Cutter » #861 à #963  de Jock et Rucka ce qui permet au lecteur non initié d’enchainer directement sa lecture sur Hydrologie c’est à dire le reboot de DC des New 52.

Je ne le dirai jamais assez, Batwoman Elegie est, à mon sens, un titre à lire absolument sauf à être complètement allergique au comics (et encore). La première chose qui nous saute aux yeux, quasiment au sens propre du terme, est l’incroyable qualité des dessins  et de la mise en page de JH Williams III qui donnent à l’univers de Batwoman un touche très particulière et me décrochent régulièrement la mâchoire. D’ailleurs en comparaison, le travail de Jock, qui a oeuvré également avec Rucka sur la mini-série Cutter, parait bien fade.

Côté histoire, Greg Rucka, qui est également romancier, nous offre un scénario solide et nous permet de suivre la genèse d’une Batwoman qui, fille de militaire renvoyée de l’armée à cause de la politique « don’t ask don’t tell » cherchera malgré tout une façon de servir les autres. A mi-chemin entre histoire noire et fantastique, à l’image du super vilain de ce Batwoman Elegie, la super-héroine de DC trouve très vite son ambiance et son ton, on est donc ici face à une réussite sur tous les plans. Bref nous ne sommes pas ici devant un Batman au féminin et c’est tant mieux!

Après le départ de Greg Rucka, JH Williams III et W Haden Blackman ont repris le flambeau et se sont retrouvés aux commandes de Batwoman pour son grand retour dans le relaunch de DC. J’en parlais déjà dans un précédent article, je trouve le titre très réussi (un des meilleurs des New 52). Il y règne toujours une ambiance très fantastique et le dessin de JH Williams me scotche toujours autant.

Il faut toutefois reconnaitre que ces derniers sont moins efficaces  au scénario que ne l’était Rucka. Dès lors l’intrigue est plus confuse pour le lecteur et je dirai même qu’elle traine parfois en longueur, en raison, à mon sens de certaines « expérimentations » narratives du titre.

Comprenez-moi bien, le titre est loin d’être mauvais pour autant, certains passages sont même d’ailleurs extrêmement bien écris, je pense notamment à la première nuit entre Kate et sa nouvelle petite amie, mais je dois reconnaitre que le départ de Rucka a un peu « affaibli » Batwoman qui passe d’exceptionnel à très bon et reste, bien entendu, dans ma liste des indispensables DC.

A noter d’ailleurs que le dernier numéro en date de Batwoman (le 12 donc) a vu l’arrivée d’une autre icône de chez DC Comics, et pour l’avoir lu, je ne peux vous dire qu’une chose: j’ai hâte de voir la suite!

Au final, vous l’aurez compris, si ce n’est déjà fait je vous recommande vivement d’investir dans ces deux volumes de Batwoman vendus sur Amazon, 21€ pour le premier  et 16€ pour le second. Juste un conseil toutefois si vous décidez de craquer pour Batwoman Elegie, faites attention à ne pas confondre l’édition d’Urban Comics avec celle de Panini moins fidèle à l’originale et surtout moins complète… A bon entendeur.