Un peu avant de partir de France (la veille plus exactement), j’ai acheté quelques nouveautés mangas sorties au moment du salon du livre. Parmi ces titres un One-shot tiré d’une histoire vraie : l’Affaire Sugaya, m’avait tout particulièrement intriguée.

« Condamné à perpétuité pour le meurtre d’une petite fille, Toshizaku Sugaya passera dix-sept ans de sa vie en prison avant d’être innocenté et de retrouver sa liberté. Désigné coupable d’un crime commis par un tueur en série à cause d’une police peu soucieuse de la qualité de ses enquêtes, il sera finalement libéré grâce à l’acharnement d’une équipe de journalistes de télévision, oeuvrant pour une émission d’actualité d’un nouveau genre.

Conscient de ses responsabilités à l’égard de la société et de ce que doit être la justice, Kiyoshi Shimizu, un journaliste obstiné, entend prouver que son métier n’a de valeur que si les journalistes n’hésitent pas à se confronter aux institutions pour défendre l’intérêt des citoyens ! »

Edité par Akata, l’affaire Sugaya est un manga de TACHIBANA Kenichi (au dessins) et TAKANO Hiroshi (au scénario) qui nous relate l’histoire d’erreur judiciaire ayant fait grand bruit au Japon…

Basé sur des faits particulièrement glauques (l’enlèvement, le viol et le meurtre d’une fillette de 4 ans), ce titre a pour principal intérêt de mettre en lumière une autre facette de la société japonaise, moins reluisante celle-ci, qui nous montre une certaine condescendance des médias vis-à-vis du pouvoir dont les actions, la compétence ou l’incompétence ne sont jamais questionnées.

En l’espèce, au-delà d’une enquête menée par un homme obstiné et épris de justice, l’affaire Sugaya s’interroge et nous interroge sur notre relation aux autorités. Ici la critique pèse sur les autorités policières qui bien que s’étant lourdement trompées ont préféré s’obstiner dans leurs erreurs et couvrir celles-ci plutôt que de perdre la face. Au risque d’ailleurs, de laisser en liberté un dangereux tueur en série.

Si j’ai tendance à râler sur les séries qui trainent en longueur, une fois n’est pas coutume, j’aurai tendance à penser que l’Affaire Sugaya aurait mérité quelques volumes de plus (2-3 volumes auraient été parfaits), histoire de pouvoir prendre le temps de développer l’intrigue et les personnages dont parfois les caractères ne sont juste qu’esquissés. Je pense ici notamment à M. Sugaya dont le destin n’est pas vraiment développé. Victime collatérale des erreurs des autres, il aurait été intéressant de se pencher un peu plus sur son point de vue à lui.

 Graphiquement, le trait de Kenichi TACHIBANA est propre et sert plutôt bien le propos. Le seul reproche que je ferai concerne des effets, à mon goût, un peu trop appuyés au regard d’une histoire inspirées de faits réels, mais cela n’engage que moi. Cela étant je salue la retenue dont il a su faire preuve pour suggérer plus que pour montrer des scènes de crimes probablement particulièrement horribles.

Au final, s’il n’est pas exempt de défauts, l’Affaire Sugaya est un titre que j’aurai tendance à recommander. Propre et solide, il se révèlera intéressant pour tout amateur de faits divers et ce d’autant plus qu’il nous offre, à la fin du volume des interviews forts intéressantes des principaux protagonistes de ce fait divers.

L’affaire Sugaya est disponible sur Amazon au prix de 7,59€.