Une fois n’est pas coutume, c’est aujourd’hui une BD franco-belge dont je vais vous parler. Si la bande dessinée « classique » est si peu représentée sur ce blog ce n’est pas que je n’aime pas la BD c’est tout simplement que j’en lis proportionnellement beaucoup moins que je ne lis de mangas ou de comics. En outre, le fait d’être arrivée en Angleterre ne me facilite vraiment pas la tache pour ce qui concerne la découverte de nouveaux titres.

Cela étant, la situation pourrait être bien pire puisqu’Amazon UK me donne la possibilité de commander les titres français que je remarque ici et la sur le net. C’est donc comme cela que je me suis procuré le tueur aux mangas la dernière production de Yann (au scénario) et de Chris Lamquet (au dessin), le tout édité par Casterman.

Inspiré d’un fait divers ayant pris place en 2007 en Belgique : le meurtre et le dépeçage d’un homme par des amateurs du manga Death Note, le tueur aux mangas adopte le même point de départ avant de suivre sa propre voie celle du  thriller.

L’histoire commence donc par la découverte d’un corps mutilé par une adolescente qui loin d’être rebutée par sa mésaventure va décider, avec son groupe d’amis  de mener sa propre enquête pour retrouver le ou les responsables et ce, en totale inconscience des dangers qui pèsent sur eux.

Très vite ils identifient un premier indice : une phrase rédigée en japonais « Watashi wa kroko desu » exactement la même phrase qui est la réplique phare d’un manga à succès : Lethal Pencil (toute ressemblance avec un autre manga à succès est totalement assumée).  Si l’on ajoute a cela que l’auteur des mangas semble elle-même  va se retrouver mêlée à cet horrible crime dont la police soupçonne d’ailleurs d’être  l’œuvre un serial killer et l’on se retrouve devant un titre bien sympathique qui se dévore d’une traite. Hommage, le tueur aux mangas l’est certainement : hommage tout autant à l’univers des mangas et à ses codes qu’au monde de la BD franco-belge et à sa capitale Bruxelles (ce qui ne manquera pas de raviver des souvenirs à quiconque est déjà allé la bas) mais cela ne l’empêche pas pour autant d’imprimer sa propre empreinte et d’avoir sa propre identité grâce au scénario solide de Yann mais aussi au travail du dessinateur Chis Lamquet.

Ce dernier se révèle tout autant à l’aise dans « l’émulation » du style mangas que dans son interprétation des aventures de notre petit groupe d’adolescents même si sur cette partie le trait reste assez classique.

Le  tueur aux mangas se révèle une bande dessinée fort accrocheuse et prenante qui en plus a ce petit goût de madeleine de Proust pour n’importe quel « ancien » enfant qui aura grandi avec les aventures du Club des 5 ou du clan des 7. Un titre à découvrir de toute urgence en attendant la conclusion de l’histoire dans le volume 2.