Il m’aura fallu être sacrément patiente avant de pouvoir enfin feuilleter la biographie Yoshihisa Kishimoto le papa, entres autres, de la série des Double Dragon (une série qui a marqué mon enfance et ce d’autant plus que c’est en jouant à ce jeu que feu mon Amstrad CPC 464 a grillé). Il faut dire que j’ai beau vivre en Angleterre, le facteur français reste toujours aussi facétieux pour ce qui concerne l’envoi des colis (le facteur anglais lui, les cache c’est une autre forme d’amusement  :-P)

Édité dans la collection des « Grands Noms des Jeux Vidéo » des éditions Pix’n Love, ce titre vient s’ajouter aux biographies déjà écrites par Florent Gorges sur des personnages connus (ou méconnus) du jeu vidéo comme Gunpei Yokoi, Michel Ancel ou Takahashi Meijin. Ayant déjà beaucoup appris sur les précédents ouvrages, il m’était donc impossible de passer à côté de ce titre.

Pour ce qui me concerne, j’avais opté pour la version collector du titre, car même si cette dernière était bien plus onéreuse  elle apportait également son lot d’ajouts et c’est tout particulièrement l’ajout du DVD retraçant le parcours de Kishimoto San ainsi que la présence d’un CD de 24 titres qui ont achevé de me convaincre. Mon seul regret réside dans le fait que le coffret de cette édition aurait gagné à être plus rigide ne serait-ce que pour le protéger contre le contenu contre les agressions de mon ami le facteur.

En terme de contenu (et c’est bien cela qui est important), j’ai littéralement  dévoré ce titre qui m’a appris énormément sur un artiste (trop) méconnu du jeu vidéo. Il faut dire qu’à part  des célèbres créateurs tels que Miyamoto ou Kojima, ils est rare que les créateurs des jeux vidéo soit mis en avant par les studios pour lesquels ils travaillent.

L’un des gros point fort du livre est lié au fait que l’on ressent une certaine « complicité » entre l’auteur de la biographie et l’objet de celle-ci ce dernier, ainsi que son frère ainé, n’hésitant a révéler de nombreuses anecdotes qui ont conduit un « sale gosse » à devenir l’un des créateurs les plus prolifiques du jeu vidéo.

Une enfance pas forcément très facile et une adolescence de petit délinquant auront marqué durablement un Kishimoto, fan d’action et de Bruce Lee, qui puisera dans son passé les thématiques de ses jeux. Cela est tout particulièrement notable dans une série comme celle des Kunio-Kun puis plus tard dans Double Dragon. On pourrait même dire  sans trop exagérer que Kishshimoto, dans sa carrière,  aura créé quasiment quasiment à lui tout seul le genre du « beat’em up”  à une époque où tout pouvait encore être pensé et révolutionné.

La liste de ses apports au genre serait presque trop longue pour être citée (combos, possibilité de ramasser des armes…) mais j’aurai tendance à penser que sans lui, de grands moments de ma vie de « gameuse » n’auraient peut-être tout simplement pas existé.

Par ailleurs, réduire le travail de Kishimoto au Beat’em up serait injustement oublier que, et alors qu’il n’était encore qu’un tout jeune créateur, Kishimoto a énormément apporté aux jeux sur Laser Disc, démontrant par la même occasion que même au début des années 80, la démesure pouvait être de mise notamment sur des titres comme Road Avengers (ou Road Blaster c’est selon), titre qui encore aujourd’hui, a de la gueule.

Au final, il va sans dire que si vous vous intéressez un tant soit peu à l’histoire de jeu vidéo, cet ouvrage est juste indispensable et ce, à l’instar des autres titres déjà édités par les éditions Pix’n Love autour des grands noms des jeux vidéo. Pour ce qui me concerne, cette nouvelle biographie signée Florent Gorges m’a encore fait découvrir beaucoup de choses et m’a d’ailleurs fait ressortir mon vieux Double Dragon sur GBA (en attendant de mettre la main sur un Kunio Kun).

A noter, que le titre  Yoshihisa Kishimoto : Enter The Double Dragon est toujours disponible sur le site des éditions de Pix’n Love dans son édition normale.