Hier soir, poussée par je ne sais quelle idée saugrenue (si ce n’est le besoin d’écouler ma dernière place de cinéma avant sa date péremption), je suis allée voir « Sous les jupes des filles » le film d’Audrey Dana avec plein d’actrices connues (Vanessa Paradis en tête).

Film parfois présenté comme féministe (entendre féministe parce qu’il y a des femmes dedans ce qui en dit long sur la diversité de notre cinéma) cette comédie est sensée nous livrer une vision des différentes facettes de « lafâme » d’aujourd’hui cet être insaisissable, complexe et visiblement, tellement influencé par ses hormones.

Petite alerte à vous qui aller lire cette review : elle est plein de « spoilers ». Comme je n’ai pas aimé le film, je n’hésite pas à expliquer de façon circonstanciée le pourquoi du comment de ma déception (dire que je suis déçue d’un film dont je n’attendais strictement rien est également révélateur 🙂 ). Si vous pensez aller le voir, passez donc votre chemin et revenez lire ce post un peu plus tard quand vous vous serez forgé votre opinion.

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« Paris. 28 premiers jours du printemps. 11 femmes.
Mères de famille, femmes d’affaires, copines, maîtresses ou épouses…
Toutes représentent une facette de la femme d’aujourd’hui : Complexes, joyeuses, complexées, explosives, insolentes, surprenantes… Bref, un être paradoxal, totalement déboussolé, définitivement vivant, FEMMES tout simplement ! »

Dans « Sous les jupes des filles », les 11 « femmes » ont un point commun : leur hormones. Visiblement c’est là le fil conducteur du film, la femme est guidée par ses hormones qui, en gros, ponctuent sa vie (premier grincement de dents).

Cela d’ailleurs est parfaitement illustré par le personnage de Vanessa Paradis « executive woman » brillante qui évolue dans un milieu d’hommes et chez qui l’on découvre qu’elle a un taux de testostérone anormalement élevé. Cela expliquerait d’ailleurs sa réussite, et son isolement social.

Et là malaise… gros malaise… Le film ne viendrait-il pas tranquillement nous expliquer que sa carrière, cette femme brillante ne la doit au final que par son « trop plein » d’hormones mâles ? (La testostérone ce facteur de réussite sociale du mâle alpha).

 Il va de soit que, forcément, cette femme jouant dans un monde d’hommes est forcément isolée car sans copine (trop agressive) et sans mari (trop agressive aussi)… Donc malheureuse (elle se fera bien sûr « jeter à la gueule » par une des ces ancienne « camarade » le fait qu’elle n’a ni mari ni enfants: comprenez elle n’a pas réussi dans la vie »).

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Voilà, voilà… autant vous dire que le film partait (très) mal et malheureusement, cela n’a pas été en s’arrangeant…

En effet, le principal problème du film est l’illisibilité de son message. Qu’a donc bien pu vouloir nous démontrer Audrey Dana ? Que les femmes sont vulgaires ? Peuvent dire bite, cul et queue toutes les 30 secondes ? Qu’elles sont dominées par leurs hormones ? Que finalement leur salut ne se trouve que dans notre bonne vieille société bien hétéronormée?

Sincèrement à la sortie du film l’on n’en sait trop rien (ou bien on a peur de comprendre). Si les actrices sont plutôt bonnes, on ne voit pas du tout quel rôle leurs personnages viennent jouer dans cette mosaïque plutôt vulgaire et surtout sans aucune profondeur.

 En fait on ressort avec un malaise d’autant plus grand que le film sensé « bousculer un peu les choses » se vautre finalement dans le traditionalisme et dans les clichés les plus éculés. Les femmes sont à peu près toutes hystériques et leurs motivations voire leurs personnalités assez illisibles.

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Histoire de vous spoiler encore un peu plus le film, je vais vous donner quelques « brillants » fils conducteurs de ce long métrage : Laetitia Casta est une as du barreau en devenir qui a envie de péter dès qu’elle est mal à l’aise (ouep 😐 ), les envies sexuelles d’Audrey Dana sont liées à son cycle menstruel, Géraldine Nakache craque sur sa baby-sitter (la fameuse lesbienne prédatrice qui détruit son couple avant de lui briser le cœur) avant de revenir tranquillement dans son schéma familial classique (parce que bon faut pas déconner quand même: un papa, une maman toussa, toussa… ) et Julie Ferrier prend un poteau dans la gueule et devient tout naturellement nymphomane (ouep aussi).

Ah il y a aussi les problèmes de ménopause d’Isabelle Adjani qui ne font pas avancer le shmilblik mais permettent à Marc Lavoine de venir toucher un petit cachet dans une scène complètement inutile.

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Je peux paraitre énervée comme cela et en fait je le suis plutôt car comment ne pas être perplexe (voire consterné) devant ce film qui se présente comme un portrait de « 11 femmes d’aujourd’hui », et qui nous offre finalement une caricature de femmes toutes plutôt « claires de peau », minces, élancées, jolies et surtout globalement « salopes » (sauf la frigide du fond…). Bref le grand enseignement de la comédie d’Audrey Dana c’est peut-être que l’on est sensées être sur le même moule… et ça c’est plutôt triste.

 Au final, vous l’aurez compris, je ne vous recommande certainement pas d’aller voir « Sous les jupes des filles ». Personnellement j’ai la désagréable impression d’avoir perdu mon temps devant ce que je considère comme une arnaque intellectuelle. Je sais que le film se veut une comédie. Personnellement j’ai esquissé un sourire une ou deux fois…. Entre deux facepalm.