Un jeu où il ne se passe rien? Où il n’y a aucun ennemi pour vous barrer la route ni même une seule énigme à résoudre cela vous dit?

Non? Et bien vous avez tort car avec une mise en scène et un scénario tout à fait originaux (pour un jeu vidéo j’entends) Gone Home démontre avec un certain brio que d’autres chemins sont possibles dans la narration vidéo-ludique.

Développé par The Fullbright company, Gone Home vous met dans la peau de Katie Greenbriar, une étudiante qui, de retour d’un tour du monde qui aura duré pas moins d’une année, s’attend à être accueillie à bras ouverts par sa famille sauf que… lorsqu’elle arrive dans sa maison par une nuit d’orage (musique lugubre… 😯 ), celle-ci est fermée et tous ses occupants ont disparu. Il appartient donc à Katie de faire toute la lumière sur les évènements qui ont émaillé la vie de sa famille toute cette dernière année pour comprendre les raisons de cette absence pour le moins inquiétante.

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Pour faciliter encore les choses à leur fille, la famille Greenbriar a profité son absence pour déménager dans une sorte de manoir lugubre nourrissant, par la même occasion, les fantasmes de la population locale.

En fait  Gone Home est un jeu moins centré sur Katie, votre avatar, qui se révèle en fait être plutôt une « coquille vide » que sur sa petite sœur Sam une adolescente un peu perdue qui est, en définitive, la véritable héroïne du titre. En effet c’est en retrouvant des pages du journal de la jeune fille (également narratrice du jeu) que Katie sera amenée à comprendre ce qui s’est réellement passé au cours de l’année écoulée. Il est d’ailleurs à noter que Sam est quasiment la seule à parler au cours de l’aventure et il est assez difficile de ne pas éprouver de la compassion pour elle.

A noter également, que les développeurs, pour apporter une certaine crédibilité à leur histoire, ont placé les évènements de Gone Home au milieu des années 90. En effet, il était nécessaire, pour provoquer un décalage que la communication par internet n’ait pas encore été démocratisée sinon il eut été trop simple pour Katie d’avoir des nouvelles du quotidien de sa famille.

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Le gros atout de Gone Home est de nous interroger au fur et à mesure des trouvailles de Katie, sur les secrets et les non-dits même chez les proches: difficultés de communication dans un couple qui ne sait plus comment se retrouver, premiers émois amoureux, difficultés à établir des relations avec une fille adolescente… Tous ces thèmes sont abordés avec pudeur et sans jugement. Il appartiendra au joueur de se faire une opinion sur les actions des Greenbriar mais à aucun moment le jeu ne souhaite donner de leçons ou moraliser quoi que ce soit.

Il est difficile d’en dire plus sur l’intrigue de Gone Home sans en dévoiler trop et spoiler le contenu du scénario mais sachez que de mémoire je n’ai pas souvenir d’avoir jamais joué à un jeu proposant les thématiques développées ici avec autant de délicatesse et de pudeur. Avec ce titre The Fullbright Company démontre avec brio que le jeu vidéo peut aussi être autre chose que des scénarios simplistes tout juste bons à servir de prétexte à des gameplays plus ou moins réussis.

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Il n’en demeure pas moins, et je me dois de le souligner que Gone Home propose une durée de vie assez faible (comptez deux petites heures pour le terminer si vous prenez vraiment votre temps) pour un prix plutôt élevé (environ 19,99$ sur le site du développeur soit à peu près 15€).  Cela fait un peu cher, mais parfois la découverte d’expériences uniques et de nouveaux concepts vaut quelques achats « militants« .

Les plus:

  • Fondamentalement tendre
  • Des thématiques très inhabituelles pour un jeu vidéo
  • Un jeu où « il ne se passe rien » et qui pourtant propose une vraie maturité et des thématiques adultes (enfin)
  • Un vrai troll sur les jeux de type survival horreur 🙂

Les moins:

  • Un peu court
  • Un peu cher
  • En anglais uniquement