Dernier titre en date des studios Naughty Dog (qui commence à avoir de sacré bonnes séries au compteur: Crash Bandicoot, Jak and Daxter et surtout Uncharted dont je suis une grande fan), The Last of Us était clairement attendu au tournant avec un mélange d’impatience et de fébrilité. Impatience car depuis plusieurs années les jeux que nous offrent le studio oscillent entre le très bon et l’excellent et fébrilité car j’avoue que voir le thème d’humains réfugiés dans un monde post-apocalyptique envahi par des « zombies » repris encore une fois, même si c’est fait avec talent, avait le don de me fatiguer par avance. Pourtant à nouveau, »la magie a opéré » et il faut reconnaitre que le studio n’a pas produit un bon jeu, il a produit un très grand jeu.

N’attendez pas de the Last of Us qu’il reprenne les mécaniques et l’ambiance de la série des Uncharted, ce dernier lorgnait clairement vers le jeu d’aventure survitaminé dans la lignée des aventures d’Indiana Jones.Pour The Last of Us on est plutôt dans des influences du type de « Les fils de l’homme » ou encore « La route« .

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On le sait depuis un moment, The Last of Us raconte le voyage de Joel et Ellie dans un monde dévasté suite à une infection aussi grave que fulgurante d’un champignon (le cordyceps) qui prend possession du cerveau de ses hôtes et les transforme lentement (enfin pas si lentement que ça) mais surement en monstres sanguinaires. Sincèrement, en ce moment que cela soit en littérature, en cinéma ou en jeux vidéo tout le monde nous sert et nous ressert du zombie à toutes les sauves jusqu’à l’overdose… Autant vous dire que je n’étais pas forcément hyper emballée par le pitch du nouveau titre de Naughty Dog, qui semblait succomber à un effet de mode… Et pourtant, grâce au savoir-faire du studio californien, la magie opère du début jusqu’à la fin…

Il faut dire que la réalisation est, encore une fois de haute volée, The Last of Us vous accroche dès le prologue et ne vous lâche plus jusqu’à la fin. Certains diront que les deux premières heures (qui servent de tutorial et placent l’action et son contexte) sont un peu longues à passer. Ce n’est pas forcément faux mais à mon sens c’est à l’image de la relation entre Ellie et Joel, deux étrangers que tout sépare qui doit se construire au fur et à mesure de leur périple. Dès lors, à l’instar de la relation entre les personnages qui s’intensifie au fil des heures, l’implication du joueur pour le duo qu’il suit grandit au fur et à mesure de l’aventure.

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A mon sens, c’est là que The Last of Us, s’il se définit comme un survival/action est « émotionnellement » plus réussi qu’un Heavy Rain, jeu pourtant sensé faire ressentir des choses au joueur, car il n’impose pas de sentiments à coups de grosses ficelles. Les moments, de joie, de tristesse, de tension, restent toujours pudiques et au final justes c’est ce qui fait que cela fonctionne car le jeu ne donne pas l’impression d’en faire des caisses. Il faut dire que techniquement, The Last of Us est impressionnant, et cela se ressent sur la capture des jeux d’acteurs engagés pour tenir les rôles principaux et secondaires. Leur langages corporels est superbement capturé et dès lors, cela permet de faire passer plus de choses avec moins de mots.

Par ailleurs la bande son de toute en retenue signée Gustavo Santaolalla est juste fantastique et souligne tellement remarquablement les phases de jeu auquel il apporte des touches de poésie et de mélancolie dans un monde déjà complètement dévasté…

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Je ne m’étendrai pas sur le scénario du titre, pour ne spoiler personne mais sachez qu’il est vraiment solide et tient clairement la route. Comme je l’ai dit plus haut, ce scénario est magnifié par une réalisation de haut vol et une absence totale de temps de chargement qui évite que le joueur ne soit coupé dans son aventure. En effet, l’autre bonne idée de Naughty Dog: tout charger lorsque le joueur lance sa partie. Alors oui c’est long… très long mais après on n’attend plus de toute la partie et il est même possible de finir le jeu d’une traite si le cœur nous en dit.

Côté gameplay, le jeu se joue comme un TPS mais Joel n’est pas aussi souple et fort qu’un Drake par exemple (il a la cinquantaine le bonhomme quand même 🙂 ) du coup n’imaginez pas faire des sauts de dingue et/ou des roulades pour vous débarrasser de vos ennemis (les habitudes ont la dent dure). D’ailleurs le mieux est de privilégiez la discrétion que cela soit contre les infectés ou contre les autres survivants car on risque à tout moment de se faire submerger alors que les ressources sont limités et que les temps de chargement de votre armes sont, au final, assez lents.

D’ailleurs, même s’il n’est plus tout jeune, Joel a l’ouie fine et pourra, en se concentrant, localiser les ennemis dans son environnement, histoire de mieux les éviter.

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Quoiqu’il en soit, même si l’IA est un peu « idiote » lorsqu’il s’agit de localiser votre « sidekick » (c’est peut être d’ailleurs un choix de Naughty Dog pour éviter de pénaliser le joueur), celui-ci s’avèrera plutôt utile pour dérouiller les ennemis car loin de rester inactif, il participera activement au combat quitte à se mettre en danger, auquel cas ce sera à vous de venir l’aider.

Afin de vous en sortir plus facilement, The Last of Us prévoit également la possibilité de fabriquer et de customiser des armes ou des kits de soin. En fonction de la difficulté choisie vous aurez plus ou moins accès aux ressources nécessaires pour le faire mais cela s’avérera vraiment utiles lorsque vous vous trouverez pourchassés par des hordes d’ennemis (humains ou non) bien résolus à en découdre.

Je l’ai déjà souligné plus haut, The Last of Us fait très fort dans sa réalisation mais que dire des graphismes et de la direction artistique tout simplement sublimes et très inspirés: les animations, l’environnement sont splendides quelle que soit la saison et le travail sur la lumière ainsi que sur les changements d’environnement (nuit, pluie, soleil, intérieurs…) force le respect. Rien n’est négligé et les « niveaux » bien que linéaires (l’objectif est systématiquement d’aller d’un point A à un point B) son tellement bien « désignés » que l’on a pas la sensation de couloirs que l’on peut éprouver dans des titres comme Remember Me par exemple.

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Par ailleurs, il faut noter que Naughty Dog offre aux joueurs qui n’auraient pas été rassasiés par l’aventure Solo de The Last of Us (qui constitue quand même le principal intéret) un mode multi en ligne, totalement dispensable, mais qui a le mérite d’exister et propose notamment un team deathmatch au meilleur des 7 manches et un mode « raid » dont l’objectif est de récolter un maximum de ressources sur le champ de bataille pour survivre.

Au final, vous l’aurez sans doute compris, The Last of Us est un titre qui m’a enthousiasmée. S’il n’est pas parfait, notamment en raison d’une certaine répétitivité des situations, il reste de très haut vol  et force le respect aussi bien par son scénario que par sa direction artistique et sa réalisation. Bref un jeu à faire tout simplement.