Normalement le premier billet de cette année sur le blog aurait dû aligner les lieux communs pour vous souhaiter mes meilleurs voeux. Le problème c’est que je n’ai pas vraiment le coeur à célébrer quoi que ce soit au regard de l’activité française récente. Aussi, si je privilégie généralement les sujets futiles permettez moi pour une fois d’être un peu sérieuse et de m’exprimer sur la semaine de merde que nous venons de passer.

Je n’aimais pas Charlie Hebdo, c’est dit.

Je respectais « l’impertinence » du titre mais je suis (et je refuse de parler du titre au passé) fondamentalement en désaccord avec une partie de la ligne éditoriale de l’hebdo. Il n’en demeure pas moins que je ne pouvais pas faire autrement que de trouver certaines de ses « têtes pensantes » comme éminemment sympathiques: Charb, Cabu Wolinski et les autres avaient des convictions (que je ne partageais pas toujours) et leur lâche assassinat m’a fendu le coeur au plus haut point.

De grands caricaturistes nous ont quitté et avec eux un peu de l’insouciance et de la certitude de vivre dans un pays libre où chacun peut exprimer ses opinions. C’est dur à avaler.

Je pleure aussi l’exécution des civils et des policiers tués en raison de leur seule présence au mauvais endroit au mauvais moments par des gens qui se rêvaient martyrs et qui ne sont que de simples assassins. Si le paradis auquel ils aspirent par leurs actes innommables existe, je suis bien persuadée qu’il en seront exclus.

Bref il y a un temps pour le recueillement et la tristesse et j’irai demain bien évidemment assister à la marche qui aura lieu en l’honneur des victimes des actes terroristes de ces derniers jours en espérant que nos chers politiques sauront, pour une fois, faire preuve de respect et de retenue (il y en a une pour qui c’est déjà mal barré).

Il y aura ensuite un temps pour tirer peut être quelques leçons de ces drames, leçons qui seront probablement plus complexes que les déclarations à l’emporte-pièce des uns et des autres.

Enfin il y aura un troisième temps pour dire clairement aux terroristes et à ceux qui les soutiennent qu’en essayant de détruire un symbole de l’irrévérence vous avez tiré le pays de son apathie et l’avez renforcé sa cohésion ce n’est pas un mince exploit.

Hier, aujourd’hui et pour encore quelques temps j’étais, je suis et je serai Charlie.

je-suis-charlie-dessin-hebdo-Boulet

Dessin réalisé par Boulet